mardi 9 février 2010

Le Grand ange d'acier.


Après "Marchand d'acier tueur de région", voici "Le Grand ange d'acier" de Christian DE MITRI !

vendredi 29 janvier 2010

Rapport du Conseil d'orientation des retraites.

  • L’orchestration de la propagande en faveur d’une nouvelle réforme des retraites a accéléré son tempo. Après les exigences exprimées par le Medef tout au long de l’année 2009 pour reculer l’âge de la retraite et la certitude affichée par le gouvernement d’y procéder, le Conseil d’orientation des retraites a remis au Parlement son rapport qui étudie le passage d’un système par répartition par annuités à un système par points ou par comptes notionnels.
  • Le résultat des réformes de 1993, 2003 et 2007 est désastreux : l’allongement de la durée de cotisation à 40 et bientôt 41 ans, le calcul de la retraite sur les 25 meilleures années au lieu des 10 pour les salariés du privé et l’indexation sur les prix et non plus sur les salaires et la productivité ont conduit à une baisse des pensions de 15 à 20 %. Cela n’empêche pas l’aggravation des déficits des caisses de retraite, essentiellement due à la crise, et les entreprises continuent d’évincer les salariés avant qu’ils aient acquis la totalité de leurs droits.
  • Le COR examine les effets des trois leviers disponibles pour piloter l’équilibre du système de retraite. Il note que « l’effet positif d’une hausse du taux de cotisation sur le solde du régime est immédiat et durable » et c’est le seul levier pour lequel les effets sont si positifs. Pourtant, l’augmentation du taux de cotisation est absente des solutions et le gouvernement s’apprête à utiliser une fois de plus un seul levier, celui de l’allongement de la vie active, soit en reculant l’âge légal du départ à la retraite, soit en allongeant encore la durée de cotisations, dont les conséquences seraient pires que celles des précédentes réformes, compte tenu de l’aggravation des conditions de travail et de la précarité accrue. En focalisant sur l’emploi des seniors, il ne favorise pas la lutte contre le chômage des jeunes, ni le taux d’emploi des femmes. Et il ignore le fait que la descendance finale des femmes est à un niveau suffisant pour renouveler les générations.
  • Le COR imagine alors ce que donnerait un changement complet de système. Disons-le nettement : ce serait une catastrophe. Que ce soit par points ou par comptes notionnels, il s’agirait de se débarrasser de la contrainte d’avoir à assurer un taux de remplacement minimal du salaire. Cet objectif serait atteint dans un système par points en jouant sur la diminution de la valeur du point, et, dans un système par comptes notionnels, en neutralisant l’effet de l’âge de départ à la retraite puisque la somme perçue par le retraité pendant tout son temps de retraite serait répartie en fonction de l’espérance de vie de sa génération. Dans les deux cas, la plupart des salariés, et surtout les salariés pauvres et effectuant les travaux pénibles, seraient obligés de travailler toujours plus longtemps.
  • Le résultat serait sans appel : le COR estime à 15 % la nouvelle baisse des pensions à prévoir. De plus, le COR reconnaît qu’un système notionnel, censé s’équilibrer automatiquement, n’y parvient pas car les incertitudes tenant aux évolutions économique et démographique, qui sont le propre de tout système de retraites, ne sont pas atténuées. En revanche, un système par points ou par comptes notionnels qui serait accompagné d’une diminution des droits non contributifs tendrait à aligner le système par répartition, vidé ainsi de son contenu, sur un régime d’épargne individuelle. Il ne resterait plus qu’à reprendre une campagne de publicité pour promouvoir des fonds de pension aujourd’hui défaillants.
  • La question des retraites ne sera pas résolue tant qu’on ne s’attaquera pas à la racine du problème : la répartition fondamentale entre revenus du travail (retraites incluses) et revenus du capital, qui est elle-même liée à l’emploi et à la durée du travail. Tant que le tabou de ne pas accroître les cotisations patronales, soit en augmentant le taux, soit en élargissant l’assiette, dominera, rien ne sera possible hormis l’aggravation de la pauvreté, des inégalités et des discriminations envers les femmes.

jeudi 28 janvier 2010

Compte-rendu du CE du mois de janvier 2010.

Le compte-rendu CFE-CGC du CE du mois de janvier est ICI.

mercredi 27 janvier 2010

Améliorer l'état du monde ?

C’est le thème du Forum économique de Davos qui s’est ouvert ce jour. Il rassemble les 1000 plus grandes multinationales, les plus grandes banques (sauvées par le contribuable),des chefs des États les plus riches. Bref, les principaux responsables de la crise se réunissent à Davos. Tous ont impulsé le néolibéralisme et la dérégulation des marchés depuis trente ans…
Nicolas Sarkozy y a prononcé un "discours fort" sur les dérives du capitalisme. La finance mondiale n'a pourtant pas de quoi trembler. Les annonces de démantèlement des paradis fiscaux, de taxation sur les transactions financières et de mise au pas des banques sont restées lettre morte.(A part une taxe sur les bonus des traders qui fait encore sourire les banquiers). En même temps, on continue les réformes fiscales au service des plus riches, les offensives contre les services publics et les droits sociaux. Bientôt, ce sera à nouveau le tour des retraites…
Davos, ou comment améliorer l'état du monde, pour que les affaires continuent comme avant !

mardi 26 janvier 2010

Prévention des Risques Psychosociaux.

La première réunion de négociation pour la prévention des risques psychosociaux (stress, dépressions, …) a eu lieu le 26 janvier à Saint Denis.
Les entreprises de plus de 1000 salariés ont été « invitées » par le ministre du travail à engager « significativement » des négociations sur le stress avant le 1er février 2010. Ces négociations s’intègrent dans le cadre du plan d’urgence sur la prévention des risques psychosociaux, qui a été présenté le 9 octobre 2009 par le ministre.
  • L’objectif de cette première réunion était «de planter le décor».
Au cours de cette réunion, la CFE-CGC a demandé :
  • la mise en place d’une prévention efficace contre les problèmes générés par les facteurs de stress liés au travail,
  • l’information et la formation des managers car le management et le premier facteur de stress ainsi que l’information et la formation des membres des CHS-CT,
  • la lutte contre les problèmes de stress au travail et la promotion de bonnes pratiques notamment de dialogue dans l’entreprise et dans les modes organisationnels pour y faire face,
  • la prise en compte de l’équilibre entre vie professionnelle, vie familiale et personnelle.
Les baromètres stress de la CFE-CGC révèlent des facteurs récurrents à cette véritable maladie professionnelle, citons par exemple :
  • L'insuffisance de temps par rapport à la charge de travail
  • la difficulté à concilier vie professionnelle et vie privée,
  • Le harcèlement moral,
  • L'agressivité de la clientèle,
  • La concurrence entre collègues,
  • Le risque de perte financière,
  • La perte de sens, de valeurs
  • La non-reconnaissance…
  • ....
Le plus souvent, ce sont les méthodes de management qui sont en cause, ils entraînent une compétitivité toujours plus exacerbée entre les salariés et une course permanente au résultat. Le management par la pression, par le stress et par la peur a induit une situation de mal être généralisé au travail.
Pourquoi lutter contre le stress ? Le stress a un coût et il coûte cher humainement et économiquement !
  • Pour l'individu, il entraîne de nombreuses conséquences sur la santé de l'individu : dépression, suicides, maladies cardio-vasculaire, troubles musculo-squelettiques...
  • Pour l'entreprise, il entraîne absentéisme, arrêts maladie, accidents de travail, turn over, baisse de la productivité, dégradation du climat social… Un salarié absent, c'est une charge de travail accrue pour ses collègues qui risquent à leur tour d'être surchargés, stressés voir arrêtés...
Pour la CFE-CGC, une évaluation de la situation des risques psychosociaux dans le groupe ainsi que la comparaison avec d’autres entreprises est nécessaire. Cet accord groupe devra donner une trame, un cadre pour aborder le problème du stress dans les différents sites du groupe. Le véritable travail de prévention des risques psychosociaux sera à réaliser dans les sites et impliquera le management, les CHS-CT ainsi que la médecine du travail.
  • Prochaine réunion : le 18 février 2010.

lundi 25 janvier 2010

Cent mille cercueils : le scandale de l'amiante.

C’est un documentaire qui sera diffusé sur France 2 le jeudi 28 Janvier à 22 h 50.
Selon les études, les négligences et le manque de prévention au sujet de l'amiante sont susceptibles de générer de très nombreuses victimes. On estime que 100 000 personnes - peut-être plus - décéderont d'ici 2025 à cause de l'amiante. Cette hécatombe aurait pu être évitée. La toxicité de l'amiante est connue depuis le début du XXe siècle. Pourtant, en France, on a laissé, voire encouragé, les industriels à utiliser ce minéral apprécié pour sa résistance à la chaleur, aux chocs électriques et chimiques. L'inhalation de fibres d'amiante génère des cancers broncho-pulmonaires, ainsi que de cancers de la plèvre. Aujourd'hui, ils sont très nombreux à tenter de faire reconnaître leur calvaire devant les tribunaux. Ce scandale est loin de relever du passé.
  • 100 000 Cercueils se révèle d'une grande ­richesse informative, remontant à la fin du XIXe siècle pour décrire la glorieuse épopée du « minerai magique » jusqu'à son interdiction en 1997 en France. Comment un produit dont la dangerosité fut prouvée dès 1903 a-t-il pu ainsi prospérer ? Le documentaire dévoile les intérêts en présence, les stratégies à l'oeuvre pour prolonger son emploi. S'il n'a pu approcher les lobbyistes, leurs clients et leurs victimes - qui cultivent une véritable « omerta » - le réalisateur s'appuie sur de précieux documents, sur les témoignages de médecins, de responsables politiques et associatifs et, pour la dimension émotionnelle, sur les récits des ouvriers de l'usine Ferodo à Condé-sur-Noireau.
  • Enfin, 100 000 Cercueils n'oublie pas d'ausculter la situation actuelle. Notre législation sur l'amiante, devenue « la meilleure au monde », n'a qu'un défaut : ne pas être appliquée. Des tonnes de poison répandent encore leurs fibres fatales dans notre environnement. Le procès pénal n'aura sans doute jamais lieu - trop d'intérêts sont en jeu. Pendant ce temps, en dehors des pays développés, la formidable success story du minerai magique se poursuit...

samedi 23 janvier 2010

ASC info N° 03 & 04/2010